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Première 13e rente AVS, retraite LPP flexible généralisée et rachat rétroactif dans le 3e pilier : l'année 2026 marque un tournant pour le système des trois piliers. Ces trois nouveautés modifient concrètement vos possibilités d'optimisation fiscale et de planification de la retraite.
La 13e rente AVS sera versée en décembre 2026
Acceptée par le peuple en mars 2024, la 13e rente de vieillesse devient effective avec son premier versement de décembre 2026. Le supplément, calculé à hauteur de 8,33% de la rente annuelle, sera versé en une fois avec la rente mensuelle. Point important : cette mesure concerne uniquement les bénéficiaires d'une rente de vieillesse AVS. Les personnes touchant une rente AI ou une rente de survivant ne reçoivent pas ce supplément. À noter que cette 13e rente est intégralement imposable, comme les douze autres versements de l'année.
Pour les retraités proches d'un changement de tranche, cette augmentation de revenu peut modifier le taux d'imposition marginal, un effet à anticiper lors de la planification fiscale.
Pour les bénéficiaires de prestations complémentaires, la loi a été modifiée pour garantir que ce versement n'entraîne pas de réduction des PC, permettant ainsi un gain net pour les ménages modestes.
La retraite partielle s'impose dans toutes les caisses de pension
Toutes les caisses de pension doivent désormais proposer une retraite partielle, permettant aux assurés de percevoir leur avoir LPP de manière échelonnée. Le cadre légal prévoit au minimum trois étapes de retrait possibles, l'assuré pouvant percevoir entre 20% et 80% de son avoir à chaque palier.
Concrètement, un assuré peut par exemple toucher 30% de sa prestation LPP sous forme de rente à 63 ans, continuer à travailler à temps partiel, puis percevoir le solde à 65 ans ou plus tard. Point crucial : la réduction de l'activité lucrative doit être proportionnelle au retrait de la rente. On ne peut pas retirer 50% de sa LPP et continuer à travailler à 100%.
Il reste également possible de partir en retraite de manière anticipée, moyennant les réductions habituelles sur la rente. Cette flexibilité nécessite une planification rigoureuse pour optimiser les avantages fiscaux entre les trois piliers.
Le 3e pilier autorise le rachat des lacunes passées
Dès 2026, il devient possible de combler rétroactivement les années où aucune cotisation n'a été versée au pilier 3a. Jusqu'à présent, une année sans cotisation représentait une déduction fiscale définitivement perdue. Le nouveau mécanisme, qui entre en vigueur cette année, permet de rattraper des lacunes sur les dix années précédentes. Pour l'année 2026, seule la lacune de 2025 peut être comblée, mais ce système permettra à terme de remonter progressivement jusqu'à dix ans en arrière. Les lacunes antérieures à l'entrée en vigueur de la loi ne peuvent pas être comblées.
Le rachat fonctionne selon des conditions précises. L'assuré doit d'abord avoir versé le montant maximal de l'année en cours, soit 7 258 francs pour les salariés en 2026. Ce n'est qu'ensuite qu'un versement supplémentaire de 7 258 francs maximum peut être effectué pour combler la lacune de 2025. Au total, un assuré peut donc déduire jusqu'à 14 516 francs de son revenu imposable en 2026.
Des changements à intégrer dans sa planification
Ces trois modifications du système de prévoyance méritent d'être anticipées, idéalement plusieurs années avant la retraite. L'impact fiscal de la 13e rente, les possibilités offertes par la retraite partielle et le levier du rachat dans le 3e pilier peuvent modifier sensiblement la stratégie de retrait et l'optimisation fiscale. Une analyse personnalisée permet d'évaluer concrètement les opportunités pour chaque situation.
Raphaël Jordi, B.Sc. Écon. — Planificateur Financier Dipl. IAF

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