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Étude de cas : un FIRE est-il possible à Lausanne avec 270'000 CHF de revenu annuel ?

Étude de cas : un FIRE est-il possible à Lausanne avec 270'000 CHF de revenu annuel ?

Vendredi, 21 Août 2026

Le mouvement FIRE (Financial Independence, Retire Early) séduit un nombre croissant de cadres suisses. Un revenu confortable suffit-il à en faire une réalité ? Voici ce que révèle l'étude de cas d'un client lausannois de 47 ans, qui visait une retraite dès 53 ans.

Un objectif, cinq scénarios

Le client est cadre commercial, célibataire, propriétaire d'un 3.5 pièces au centre de Lausanne. Son revenu annuel brut atteint 270'000 CHF, sa capacité d'épargne dépasse 75'000 CHF par an. Sur le papier, tous les indicateurs semblent au vert pour un FIRE. Son objectif était clair : arrêter de travailler dès 53 ans.

Plutôt que de valider ou d'invalider ce chiffre directement, j'ai construit cinq scénarios distincts, du plus prudent au plus agressif, chacun projeté jusqu'à l'espérance de vie moyenne.

Les hypothèses retenues

Chaque scénario repose sur les mêmes bases rigoureuses de calcul :

  • Espérance de vie retenue : 88 ans, pour construire des projections défensives plutôt qu'optimistes.
  • Rendement des placements : 5% par an sur les titres et le pilier 3a, hypothèse standard pour un portefeuille diversifié en actions.
  • Inflation : 2% par an sur les dépenses courantes, intégrée jusqu'à l'espérance de vie.
  • Immobilier : appartement estimé à CHF 1,1 million, avec une appréciation de 2% par an et une dette hypothécaire d'environ CHF 850'000.
  • Amortissement bancaire : les règles théoriques de l'ASB (Association suisse des banquiers) ont été appliquées.
  • LPP et AVS : calculés sur la base des données réelles transmises par la caisse de pension et l'extrait de compte individuel AVS.

Ces hypothèses sont volontairement prudentes ; toutefois, sur un dossier d'une telle complexité, la mise en œuvre de simulations de Monte-Carlo pour maîtriser le risque statistique s'avère particulièrement délicate au regard des aspects fiscaux. Par conséquent, aucun scénario ne prend en compte de correction boursière soudaine, de baisse de revenus ou de dépenses imprévues.

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Le scénario à 53 ans n'est pas viable

Premier constat, sans ambiguïté : le scénario à 53 ans n'est pas viable. Le capital s'épuise presque intégralement avant l'espérance de vie, sans aucune marge de sécurité. Aucune correction boursière, aucun imprévu ne pourrait être absorbé. Ce scénario a été écarté.

Simulation de l'évolution de la fortune - Scénario 53 ans

À l'inverse, un départ à 65 ans, en conservant l'appartement, se révèle extrêmement solide, avec une fortune nette confortable à long terme. Rassurant sur le papier, mais très éloigné de l'objectif initial de FIRE.

Simulation de l'évolution de la fortune - Scénario 65 ans
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La vraie question n'est pas l'âge, c'est l'appartement

Entre ces deux extrêmes, un constat s'impose : la variable déterminante n'est pas l'âge de départ. C'est de savoir si l'appartement de Lausanne fait partie du projet de retraite, ou non.

Vendre l'appartement ouvre la voie à un départ dès 54 ans, pour une fortune nette résiduelle d'environ CHF 1,1 million à l'espérance de vie. C'est le seuil le plus précoce raisonnablement défendable, à condition d'accepter une marge de sécurité réduite.

Simulation de l'évolution de la fortune - Scénario 54 ans

Conserver l'appartement repousse le départ à 61 ans, mais avec un résultat solide : une fortune nette de l'ordre de CHF 2,8 millions à l'espérance de vie, bien que largement immobilisée dans les murs. Ce choix impose de couvrir environ CHF 450'000 d'amortissements bancaires obligatoires à l'âge de la retraite, et donc d'anticiper les liquidités nécessaires pour y faire face.

Simulation de l'évolution de la fortune - Scénario 61 ans

Entre les deux, un départ à 58 ans mérite l'attention : c'est l'âge d'ouverture du droit à la rente de la caisse de pension, un revenu garanti à vie qui vient rééquilibrer un patrimoine par ailleurs exposé aux marchés. Ce scénario implique également la vente de l'appartement.

Simulation de l'évolution de la fortune - Scénario 58 ans
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Le choix ne porte pas sur un âge, mais sur un lifestyle

Une fois ces résultats posés, la question change de nature. Ce n'est plus "est-ce que je peux partir à 53 ans", mais : "Garder mon appartement, ou gagner du temps libre plus tôt, laquelle de ces deux priorités compte le plus pour moi ?"

Aucun scénario en dessous de 54 ans ne s'est révélé raisonnable dans cette situation. Entre 54 et 65 ans en revanche, plusieurs trajectoires réalistes existent, chacune avec ses compromis assumés.

Ce que ce cas illustre

Les personnes attirées par une retraite très anticipée arrivent souvent avec un chiffre en tête, un âge qui fait envie, sans mesurer ce qu'il implique concrètement sur leur patrimoine et leur mode de vie.

Le rôle d'une planification sérieuse n'est pas de confirmer ou d'invalider ce chiffre. C'est de mettre en évidence l'ensemble des options réellement disponibles, avec leurs conséquences précises, pour permettre une décision en toute connaissance de cause.

C'est là toute la différence entre un chiffre qui fait rêver et une stratégie qui tient dans la durée.

Raphaël Jordi — Planificateur financier Dipl. IAF, Fondateur de Finance Lab

Raphaël Jordi — Planificateur financier Dipl. IAF, Fondateur de Finance Lab

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