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Étude de cas : derrière une simple question retraite, un dossier à plus de 250'000 CHF d'impôt.

Étude de cas : derrière une simple question retraite, un dossier à plus de 250'000 CHF d'impôt.

Jeudi, 20 Août 2026

Début juillet, un client m'appelle vers 18h pour une question qui semblait toute simple sur sa retraite. Après vingt minutes d'échange, je lui propose de reprendre tout son dossier : à 63 ans, domicilié dans le canton de Vaud, en concubinage et copropriétaire du domicile familial, sa situation dépassait largement le simple choix entre rente et capital LPP... L'analyse a révélé un risque successoral pouvant atteindre plus de 250'000 CHF pour sa compagne.

Un appel un soir de juillet

Il était un peu plus de 18h quand Monsieur m'a appelé. Sa question, au départ, semblait toute simple : "Est-ce que je dois prendre ma retraite en rente ou en capital ?" Le genre de question que je reçois régulièrement et à laquelle on pourrait presque répondre en quelques minutes avec les bons chiffres sous les yeux.

Sauf qu'au fil de la discussion, deux détails m'ont fait tendre l'oreille. Sa caisse de pension fonctionne en primauté des prestations, un système qui complique sérieusement le calcul habituel. Et surtout, il vit en concubinage depuis de nombreuses années, sans enfant, et possède avec sa compagne le domicile familial, à parts égales.

Après vingt minutes, je lui ai dit franchement : "Votre question est la bonne, mais elle n'est pas suffisante. Il faut reprendre tout le dossier."

Ce qu'on a découvert ensemble allait changer toute sa manière d'aborder la retraite.

Cinq scénarios et une conclusion

Le travail a commencé de manière classique : modéliser plusieurs répartitions possibles entre rente et capital LPP, de 100% de rente jusqu'à 50% de capital, pour objectiver la question initiale de Monsieur.

Les résultats montraient ce qu'on observe souvent : plus la part de capital augmente, plus la fiscalité sur le revenu diminue à long terme, mais moins le revenu garanti à vie est élevé. Un arbitrage assez classique.

évolution de l'impôt total annuel selon les scénarios

Illustration : évolution de l'impôt total annuel selon les scénarios.

Mais l'enseignement principal était ailleurs. Sur le plan purement patrimonial et fiscal, tous les scénarios se valaient à peu près à l'espérance de vie retenue. Aucun ne se détachait nettement des autres. Autrement dit, la question posée au téléphone, prise seule, n'avait pas vraiment de bonne réponse. Il fallait chercher plus loin.

évolution de la fortune nette selon les scénarios, avec une convergence marquée à l'espérance de vie retenue.

Illustration : évolution de la fortune nette selon les scénarios, avec une convergence marquée à l'espérance de vie retenue.

Le vrai problème

En creusant la situation familiale de Monsieur, un point capital est apparu : en cas de décès, sa compagne n'a aujourd'hui aucune protection légale automatique. Sans disposition testamentaire, elle n'hériterait de rien, hormis une éventuelle rente de la caisse de pension.

Pire encore : la fiscalité successorale vaudoise pour un légataire sans lien de parenté, ce qui est le cas d'un concubin, peut atteindre environ 25% pour le canton et 25% pour la commune sur la part héritée. Sur le domicile familial, estimé à 1,3 million de CHF et dont la valeur fiscale historique est très basse mais serait probablement réévaluée au prix du marché au moment du décès, la facture fiscale pour la compagne survivante pouvait varier de quelques milliers de francs... à plus de 250'000 CHF, selon le scénario retenu.

Extrait du simulateur fiscal cantonal vaudois

Illustration: Extrait du simulateur fiscal cantonal vaudois

C'est cet écart, mis en évidence grâce au simulateur officiel du canton de Vaud couplé d'une brève vérification auprès de Maître Gaillard, Notaire à Sion, qui a complètement réorienté la réflexion. La "simple question" du départ n'était plus le coeur du dossier.

Transformer la retraite en outil de protection du couple

Plutôt que de choisir la répartition rente/capital uniquement pour optimiser des impôts sur le revenu, nous avons construit deux pistes concrètes avec Monsieur :

Piste 1 : rester en concubinage. Dans ce cas, privilégier une part de rente plus importante permet de garantir un revenu de veuf ou de veuve suffisant pour que sa compagne puisse reprendre seule l'hypothèque du domicile familial, sans devoir vendre dans l'urgence. Maintenir une dette hypothécaire élevée plutôt que l'amortir présente ici un double avantage : elle réduit d'autant la valeur fiscale imposable au moment de la succession, tout en restant supportable pour la compagne survivante.

Piste 2 : envisager le mariage. Cette option change la donne fiscale et successorale, et ouvre la porte à une part de capital plus élevée, avec davantage de flexibilité financière pour envisager de nombreux projets lors de la retraite.

Les deux approches ont ensuite été traduites en actions concrètes : rédaction de dispositions testamentaires avec un notaire, estimation experte du domicile familial, et, le cas échéant, un nouvel audit complet du ménage si le mariage était retenu.

Ce que cet appel m'a rappelé

Ce cas est représentatif de ma méthodologie de travail, qui privilégie une approche humaine et contextuelle plutôt qu'une réponse purement chiffrée et dénuée de vie.

En effet, chaque situation concerne une famille dont l'histoire complète ne peut être racontée uniquement par des chiffres ou des simulations.

Raphaël Jordi — Planificateur financier Dipl. IAF, Fondateur de Finance Lab

Raphaël Jordi — Planificateur financier Dipl. IAF, Fondateur de Finance Lab

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